Donner à l’hyper-ruralité le droit à la différence
Candidat aux élections sénatoriales dans le Gers, Alain Scudellaro veut faire de la reconnaissance de l’hyper-ruralité l’un des axes forts de son action au Sénat.
Son objectif : permettre aux territoires ruraux d’adapter certaines règles nationales à leurs réalités. « On ne peut plus administrer de la même manière une métropole et une commune de quelques dizaines d’habitants. » À l’image de la démarche engagée pour reconnaître les spécificités des territoires de montagne, Alain Scudellaro souhaite travailler à une proposition de loi sur l’hyper-ruralité, fondée sur un véritable droit à la différenciation.
Les applications seraient concrètes : revoir les critères de fermeture des classes et des écoles rurales, en tenant compte des distances et de la démographie ; adapter le ZAN afin de ne pas condamner au gel les communes qui ont besoin d’accueillir de nouvelles familles ou entreprises ; simplifier la création et aider au financement des retenues collinaires ; donner davantage de souplesse aux collectivités pour soutenir les PME et l’économie locale et surtout réduire l’accumulation des normes qui pèse sur les petites communes. Cette ambition passe aussi par le désenclavement du Gers, avec une politique plus volontariste en matière de mobilités et notamment la défense de la liaison ferroviaire Auch–Agen pour mieux défendre Auch-Toulouse.
Sur l’agriculture, Alain Scudellaro défend une véritable souveraineté alimentaire, qui doit notamment se traduire dans la commande publique : cantines scolaires, hôpitaux, établissements médico-sociaux et centrales d’achat doivent pouvoir favoriser davantage les productions françaises et locales. La santé constitue un autre chantier prioritaire. Il souhaite poursuivre et enrichir le travail parlementaire transpartisan engagé contre les déserts médicaux : « Le droit à la santé ne peut pas dépendre du code postal. » en misant sur une régulation de l’installation et une formation de proximité.
Avec Maryse Gourgues, maire de L’Isle-Bouzon et vice-présidente d’un syndicat des eaux, il souhaite également porter la question stratégique de l’eau, de son stockage et de sa gestion pour répondre aux besoins futurs des habitants et de l’agriculture.
Enfin, souveraineté alimentaire et souveraineté énergétique doivent, selon lui, participer d’une même ambition : retrouver davantage de maîtrise nationale et agir concrètement sur le pouvoir d’achat des Français en soutenant notamment l’électricité décarbonée non indexée sur le coût marginal du gaz.
Maire depuis 25 ans et aujourd’hui président de la Lomagne Gersoise, Alain Scudellaro revendique avant tout une candidature de terrain. S’il est élu, il souhaite travailler au sein du groupe RDSE et porter la voix des communes et du département. « Je ne veux pas aller au Sénat pour expliquer au Gers ce que Paris a décidé. Je veux aller au Sénat pour expliquer à Paris ce que vit le Gers et faire évoluer la loi lorsqu’elle ne correspond plus à nos réalités. Différencier, ce n’est pas demander un privilège : c’est donner à nos territoires les moyens de vivre, d’entreprendre et de préparer leur avenir. » A.L
Publié le 16 septembre par Le petit Journal